Journée Régionale des Familles
L'Uraf Nouvelle-Aquitaine a organisé une journée sur le thème : "Familles et évolutions sociétales - Notre alimentation de demain - Désir d'enfant et démographie".
Pour cette première en Nouvelle-Aquitaine, cette journée régionale était proposée avec le parrainage de la Région Nouvelle-Aquitaine et du CESER. Les personnalités réunies ont échangé avec les 12 Udaf de la Nouvelle-Aquitaine en participant aux débats.
Monsieur Thibault BERGERON, Conseiller Régional de la Nouvelle-Aquitaine, Délégué à la Formation Professionnelle, a ouvert cette journée en rendant hommage au réseau des associations représenté par l’Uraf et les 12 Udaf de la région. Dans cette période trouble, sur le plan institutionnel et politique, les concitoyens expriment une réalité d’injustice sociale et territoriale, un sentiment de mépris parfois, une incertitude pour eux et leurs enfants. La région doit contribuer à réduire les causes et les effets du réchauffement climatique, assurer un rééquilibrage territorial et contribuer à l’équité sociale en garantissant l’habitabilité de tous nos territoires régionaux.
Le programme de notre journée est une parfaite illustration du défi du siècle : Comment concilier le bien vivre pour tous et les transitions écologiques et démographiques ?
Thibault BERGERON, Conseiller Régional de la Nouvelle-Aquitaine.
Monsieur Yves JEAN, Président du CESER (Conseil Économique, Social et Environnemental Régional), rappelle que le CESER est la représentation de la société civile organisée.
Les missions du CESER :
- émettre des avis et de préconisations sur les schémas régionaux,
- examiner les budgets,
- émettre des préconisations sur les politiques publiques de la région.
Il nous précise que dans la population en Nouvelle-Aquitaine :
- 30 % des personnes vivent dans un halo de pauvreté
- 15 % des personnes vivent au-dessous du seuil de pauvreté (dont 200 000 enfants)
Il n’y a pas de corrélation entre économie et désir d’enfant.
Monsieur Yves JEAN, Président du CESER de la Nouvelle Aquitaine.
Madame Gulsen YILDIRIM, 1ère Vice-Présidente de la Région Nouvelle-Aquitaine, Vice-Présidente du Conseil Départemental en charge de l’Enfance, de la Famille et de la Démographie Sanitaire, excuse Monsieur Jean-Claude LEBLOIX, Président du Conseil Départemental de la Haute-Vienne qui n’a pas pu être là puisqu’il assiste aux assises du Département à Angers. Elle indique que le Conseil Départemental est la collectivité qui porte la solidarité, il a pour compétence obligatoire une grande partie des politiques sociales. Elle expose l’ambition du gouvernement d’organiser une ponction budgétaire de plusieurs milliards d’euros sur les départements, exemple pour le département de la Haute-Vienne cela représente 40 millions qui vont manquer dans le budget. Cela entrainera une politique de restriction à un moment où les besoins explosent (protection de l’enfance – personnes en situation de précarité – nos ainés qui doivent être correctement pris en charge). C’est un sujet majeur préoccupant qui est en lien avec la question des familles et des évolutions sociétales.
Dans un monde et une société en pleine mutation, les élus ont besoin d’un regard scientifique, d’un regard d’experts sur l’ensemble des sujets abordés au cours de cette journée.
Madame Gulsen YILDIRIM, 1ère Vice-Présidente de la Région Nouvelle-Aquitaine.
Monsieur François-Xavier LEURET, Président de l’Uraf Nouvelle-Aquitaine, précise que l’Uraf Nouvelle-Aquitaine représente constitutionnellement les 2 millions de familles de la région. Les Associations Familiales sont au nombre de 600 environ sur la Nouvelle-Aquitaine et 4 200 bénévoles représentent les familles au sein de tous les CCAS de toutes les communes de Nouvelle-Aquitaine qui donnent un lien quotidien permettant de connaître la situation de toutes les familles en Nouvelle-Aquitaine. D’autre part, plus de 10 milles personnels agissent au quotidien en direction des familles et en direction de l’enfance. Les associations représentent 60 milles adhérents en Nouvelle-Aquitaine. Pour l’Uraf et pour les Udaf, la famille est un lieu de débat et d’action. Les Udaf sont un lieu de dialogue entre tous les acteurs de la société et tous les types de familles.
La famille est le lieu de la transformation de l’individu, de sa naissance, jusqu’à sa mort. Nous ne sommes pas « famille » à un moment donné, nous sommes « famille » pour toujours.
Monsieur François-Xavier LEURET, Président de l’Uraf Nouvelle-Aquitaine.
« L’alimentation de demain en Nouvelle-Aquitaine »
Monsieur Dominique LE BAIL, Vice-Président de l’Uraf Nouvelle-Aquitaine en charge de la Commission Santé Environnement, expose que l’alimentation pour les familles a fait l’objet de 3 ans de travail avec la Commission Santé ‘Environnement créée en 2021. Le Conseil d’Administration de l’Uraf Nouvelle-Aquitaine a voulu se positionner comme facilitateur d’échanges entre les Udaf et la Région Nouvelle-Aquitaine afin de travailler ensemble sur une thématique commune. La thématique du changement climatique concerne toutes les familles. Un sondage a été effectué auprès des Udaf et des différentes associations adhérentes : « Quelle est pour les familles la préoccupation principale face au réchauffement climatique ? ». Suite aux retours de ce sondage, les premiers travaux de la Commission Santé Environnement ont été portés sur « notre alimentation de demain en Nouvelle-Aquitaine ».
Le changement climatique entraîne un changement de comportement et va toucher toutes les familles et toutes les classes sociales.
Monsieur Dominique LE BAIL, Vice-Président de l’Uraf Nouvelle-Aquitaine en charge de la Commission Santé Environnement
En 2023 a été organisée la première journée de rencontre, à Blanquefort en Gironde, avec des acteurs de l’alimentation en Nouvelle-Aquitaine (CTRCE, CPAM, Coopération Agricole, …), sur les sujets de l’environnement, l’alimentation et la santé. Suite à cette Journée, la Commission Santé Environnement a travaillé sur l’élaboration d’un guide et d’un quiz en ligne jusqu’au 12 janvier 2025 (https://enquete.uraf-na.fr/quiz).
Le 14 novembre 2024 a été organisée cette deuxième journée de rencontre, à Limoges en Haute-Vienne, avec des acteurs politiques et techniques pour aborder « l’alimentation de demain en Nouvelle-Aquitaine ». L’ensemble des travaux de la Commission Santé Environnement sont réalisés avec le réseau Unaf – Uraf – Udaf avec une vraie dynamique. Cette journée de rencontre est une étape, le travail va continuer et évoluer dans les réflexions au sujet de l’environnement et la santé en faisant le lien avec l’alimentation.
Madame Amandine RIBOT, chargée du pacte alimentaire de la Région Nouvelle-Aquitaine, s’exprime au sujet des enjeux alimentaires en Nouvelle-Aquitaine avec les actions de la Région, notamment le pacte alimentaire. Depuis 2021, la Région et l’Etat portent ensemble une politique de l’agriculture et de l’alimentation qui se décline dans un « pacte alimentaire ». En 2023 avait été créer un Comité Alimentation grand public qui avait eu lieu à Bordeaux. En Nouvelle-Aquitaine, le sujet de l’alimentation est lié à la notion de qualité en circuit court (le label AOC, le label AOP, le label Rouge, l’IGP, le label Agriculture Biologique). L’agence de l’alimentation Nouvelle-Aquitaine déploie la communication sur les produits de Nouvelle-Aquitaine (https://www.youtube.com/watch?v=o1LBbn0B3aM&t=10s).
Le projet Néo Terra établi un rapport annuel et des cahiers de solutions par thématique pour faire connaître les projets de transition réussis (mobilités, forêts de demain, santé, réindustrialisation et industrie circulaire, lycées démonstrateurs…).
Madame Emilie CONGIU-BALLESTE, Pôle Développement Economique et Environnementale, Cheffe de Service Néo Terra, Région Nouvelle-Aquitaine.
Madame Emilie CONGIU-BALLESTE, Pôle Développement Economique et Environnemental, Cheffe de Service Néo Terra, Région Nouvelle-Aquitaine, nous parle de la feuille de route Néo Terra portée depuis 2019 par l’exécutif régional qui consiste en un programme politique qui a pour vocation d’engager les différentes politiques régionales dans une transition, un changement, une évolution permettant de s’adapter aux dérèglements climatiques. Cette démarche repose sur des rapports scientifiques mesurant les effets du dérèglement climatique et la biodiversité sur le territoire régional. Le rapport Ecobiose a mis en évidence le fait que le Produit Intérieur Brut de la Région dépend à 45 % de la vitalité et de la diversité de la biodiversité. La feuille de route Néo Terra 2 a été présentée aux élus le 13 novembre 2023 avec une déclinaison en 6 ambitions thématiques :
- la préservation des ressources naturelles,
- les solidarités au cœur des transitions,
- les évolutions agroécologiques et alimentaires,
- le développement économique responsable et durable,
- l’aménagement du territoire, les transports, la mobilité, le logement,
- la dimension santé – appréhender la santé humaine en lien avec la santé animale et végétale.
En complément de ces 6 ambitions, la collectivité s’applique pour une administration engagée dans le cadre de son fonctionnement à destination des agents et des élus, de la mobilité et dans la manière de gérer le patrimoine bâti.
Échanges de regards sur l’alimentation des familles et les territoires
Le projet Néo Terra établi un rapport annuel et des de cahiers de solutions par thématiques pour faire connaître les projets de transition réussis (mobilités, forêts de demain, santé, réindustrialisation et industrie circulaire, lycées démonstrateurs…).
Il y a un lien entre les inégalités liées à l’alimentation et les inégalités de santé.
Monsieur Yves JEAN, Président du CESER de la Nouvelle Aquitaine.
Monsieur Yves JEAN, Président du CESER de la Nouvelle Aquitaine, précise que quasiment toutes les intercommunalités de la région ont mis en place des projets alimentaires territoriaux qui ont des objectifs communs qui s’articulent au pacte alimentaire régional :
- soutien renforcé à la restauration collective en produits de proximité (un seul intermédiaire) dans les écoles, les EHPAD, les maison de retraites,
- soutien renforcé aux producteurs locaux qui ne dépendent pas du marché international,
- favoriser une alimentation saine pour chacune et chacun quel que soit le niveau de vie.
Il existe beaucoup d’initiatives territoriales dans les écoles pour apprendre aux enfants à jardiner, à cuisiner et nombre d’associations mettent en place des ateliers pour apprendre à cuisiner qui est un vrai enjeu, notamment pour les familles les plus défavorisées puisque le coût est moindre que d’acheter des plats cuisinés.
Il est évident que concernant la question de l’insécurité alimentaire qui touche énormément de familles on constate une énorme solidarité (70 milles bénévoles aux Resto du Cœur, 65 milles bénévoles au Secours Populaire et Secours Catholique, dans toutes les communes des personnes s’engagent pour la Banque Alimentaire, …). Un des enjeux est de passer d’une logique de solidarité à une politique de droit puisque le droit à l’alimentation est un droit humain.
L’enquête menée par la Commission Santé Environnement révèle que l’alimentation est la priorité principale des familles juste devant le logement et l’eau.
Monsieur Dominique LE BAIL, Vice-Président de l’Uraf Nouvelle-Aquitaine en charge de la Commission Santé Environnement.
Monsieur Dominique LE BAIL, Vice-Président de l’Uraf Nouvelle-Aquitaine en charge de la Commission Santé Environnement, souligne que la préoccupation principale des familles est le coût de l’alimentation (22 % du budget des familles). Les Udaf ont un rôle à jouer en donnant leurs avis aux pouvoirs publics, en représentant et en défendant les familles.
« Désir d’enfant et articulation vie familiale et vie professionnelle »
Monsieur Jean-Louis HAURIE, Président de l’Udaf de Gironde et Conseiller CESER, Région Nouvelle-Aquitaine, explique que ce thème « désir d’enfant et articulation vie familiale et vie professionnelle » concerne le sujet de la petite enfance, son accueil, ses conditions d’accueil qui est un sujet d’actualité associé à la démographie. L’INSEE constate une diminution significative des naissances en France de 6,6 % entre 2022 et 2023, or, le désir d’enfant est toujours aussi fort, une des raisons est liée à l’accueil de la petite enfance et des besoins existants en la matière (1 enfant de moins de 3 ans sur 2 n’est pas accueilli dans un mode d’accueil régulier). La mise en place d’un service public de la petite enfance est annoncée au 1er janvier 2025.
L’Unaf souhaite que chaque famille puisse moduler son articulation vie familiale / vie professionnelle et promeut le congé parental, préconise que soit garanti sur chaque territoire l’accueil des jeunes enfants (qu’il devienne une compétence obligatoire des communes ou communautés de communes) et demande que le coût de la petite enfance soit le moins élevé possible.
L’enjeu est l’égalité homme/femme autour de vie professionnelle, mais aussi l’éducation des jeunes enfants, puis d’insertion sociale et professionnelle, de lutte contre la pauvreté.
Monsieur Jean-Louis HAURIE, Président de l’Udaf de Gironde et Conseiller CESER, Région Nouvelle-Aquitaine
En 2023, un rapport de l’IGAS (Inspection Générale des Affaires Sociales) met en évidence les violences faites aux enfants et la maltraitance dans les établissements d’accueil en partie causées par la raréfaction des personnels. Ce thème a également été abordé par Victor CASTANET dans son livre « Les ogres » qui expose la mise en place d’un système lucratif (dénoncé par l’Unaf) dans le secteur de la petite enfance, en montre les conséquences jusqu’à la financiarisation de ce secteur avec les dérives de violences faites aux enfants, de baisse de la qualité liée à une compression des coûts internes tout en faisant toujours plus payer les familles.
Il faut bien sûr interpeller les pouvoirs publics nationaux, régionaux, départementaux et communaux, mais l’articulation vie familiale, vie professionnelle se joue aussi au plus près de l’entreprise.
Monsieur Olivier BOUBA-OLGA, Professeur des Universités, Chef de service « Etudes, perspectives et évaluations », Région Nouvelle-Aquitaine, présente des éléments de connaissances sur la Région Nouvelle-Aquitaine en s’appuyant sur un ensemble de cartes établies à partir d’évaluations et de prospectives qui sont à disposition sur la plateforme des ressources territoriales.
L’analyse des éléments sur la structure démographique des territoires de la Nouvelle-Aquitaine est menée à l’échelle des intercommunalités (154 en Nouvelle-Aquitaine), ce qui permet une classification des territoires similaires sur un ensemble de caractéristiques.
Le solde migratoire (différence entre les entrées et les sorties du territoire) est très positif sur le littoral en Nouvelle-Aquitaine et positif sur les autres territoires, sauf quelques exceptions.
La Région Nouvelle-Aquitaine est attractive du point de vue résidentiel pour la quasi-totalité de ses territoires.
Monsieur Olivier BOUBA-OLGA, Professeur des Universités, Chef de service « Etudes, perspectives et évaluations », Région Nouvelle-Aquitaine.
Le solde naturel (différence entre les naissances et les décès) est positif dans les territoires urbains et péri-urbains, mais beaucoup d’intercommunalités ont un solde négatif. La Nouvelle-Aquitaine est une région attractive d’un point de vue résidentiel, mais avec une population vieillissante.
Ce qui distingue les territoires urbains des territoires ruraux n’est pas un solde migratoire plus important, mais un solde naturel positif (plus de naissances que de décès).
On remarque des différences géographiques marquées sur tous les indicateurs.
La typologie permet de distinguer 5 catégories de territoires en Nouvelle-Aquitaine (carte ci-dessous).

Monsieur Jean-Philippe VALLAT, Directeur des Politiques et Actions Familiales à l’Unaf, restitue les résultats de l’enquête de l’Observatoire des Familles de Nouvelle-Aquitaine de 2023 dont le thème est « Entre désir et réalités : Avoir des enfants aujourd’hui en France ».
Le contexte régional et national sur la fécondité (nombre d’enfant par femme en âge de procréer) montre une augmentation de 1994 à 2010, une inflexion en 2010 et une chute assez vertigineuse depuis 2014. L’Unaf ne veut pas relativiser cette baisse inédite et durable. En Nouvelle-Aquitaine, la fécondité est assez faible, un peu inférieure à la moyenne nationale.
Le désir d’enfant est très enraciné au niveau national : une enquête a établi que 98 % des parents déclarent avoir envie d’avoir des enfants.
A la question : « Diriez-vous que le contexte actuel en France est favorable ou défavorable pour avoir des enfants ? », 57 % des parents répondent que le contexte n’est pas favorable et en Nouvelle-Aquitaine, le pessimisme est encore plus fort (64 %).
A la question : « Quel est le nombre idéal d’enfants que vous aimeriez personnellement avoir ou auriez aimé avoir au cours de votre vie ? » 49 % des parents souhaitent avoir 2 enfants au niveau national – 52 % en Nouvelle-Aquitaine et 36 % des parents souhaitent avoir 3 enfants ou plus – 33 % en Nouvelle-Aquitaine. Il y a environ 1/5ème des parents qui disent ne pas avoir le nombre d’enfants qu’ils auraient voulu, ce qui mesure l’écart entre le désir et la réalité et dans la même proportion, 1/5ème des parents disent avoir eu leurs enfants plus tard qu’ils ne l’auraient souhaité.
Qu’elles sont les raisons de ces freins :
- intimes : être en couple stable – avoir une vision commune avec son conjoint,
- matériels : problème d’argent – problème de logement – emploi stable,
En Nouvelle-Aquitaine comme pour l’ensemble du pays, on retrouve 40 % des parents qui considèrent ne pas avoir été suffisamment soutenu par les mesures politiques familiales.
Quels sont les leviers qui permettraient de changer les choses (diminuer l’écart entre le désir et la réalité) ? :
- les congés familiaux,
- les prestations monétaires et les services de garde,
- les conditions de travail (très fortes différences sur les attentes suivant les catégories professionnelles)
42 % des parents sont conscients de la baisse de la natalité en France et 44 % des parents sont inquiets à ce sujet.
Concernant l’aspect vie familiale / vie professionnelle, 1/3 des parents notent avoir eu des difficultés. Ce sont les catégories sociales supérieures qui connaissent le plus de difficultés et les parents d’enfants entre 3 et 6 ans, même si les problèmes de conciliation vie familiale / vie professionnelle ne se limitent pas seulement à la période de la petite enfance.
Comment les parents font-ils pour surmonter ces difficultés ? 42 % des parents disent avoir déjà réduit ou interrompu leur activité professionnelle (notamment les femmes, mais aussi 30 % des hommes dans les jeunes générations).
Il vaudrait mieux avoir des politiques publiques qui accompagnent les réductions – même ponctuelles – d’activité plutôt que des politiques publiques qui cherchent à tout prix à faire travailler tout le monde à temps plein tout le temps.
Monsieur Jean-Philippe VALLAT, Directeur des Politiques et Actions Familiales à l’Unaf.
Pour compenser financièrement la baisse de revenus suite à la réduction ou l’interruption de l’activité professionnelle, 50 % des parents réduisent certaines dépenses et 22 % utilisent leur épargne en Nouvelle-Aquitaine.
Les principales raisons pour lesquelles les parents ont réduit ou interrompu leur activité professionnelle sont pour 53 % l’envie de passer plus de temps avec leurs enfants et 14 % pour éviter les frais de garde trop chers.
Les clés pour un meilleur équilibre vie familiale / vie professionnelle sont pour 48 % des parents en Nouvelle-Aquitaine de bénéficier d’horaires flexibles au quotidien (surtout dans la catégorie socioprofessionnelle des cadres), 28 % souhaiteraient plus de souplesse sur le télétravail et 24 % la mise en place de services (surtout les parents d’enfants de 0 à 3 ans).
Malgré le fait qu’en France on mène des politiques assez importantes sur les solutions de garde pour les enfants de 0 à 3 ans, 50 % des parents trouvent ces solutions insuffisantes.
Monsieur Jean-Louis HAURIE, Président de l’Udaf de Gironde et Conseiller CESER, Région Nouvelle-Aquitaine, présente les Schémas Départementaux des Services aux Familles en Nouvelle-Aquitaine. C’est une mesure relativement récente produite par les pouvoirs publics qui vise à élaborer une politique partagée de la petite enfance et du soutien à la parentalité valorisant les enjeux éducatifs communs et les compétences parentales.
Ces Schémas Départementaux des Services aux Familles doivent permettre la mise en cohérence des moyens des différents acteurs de ces politiques familiales afin de déployer une offre adaptée aux besoins des familles, une meilleure coordination des acteurs favorisant leur efficacité sur l’ensemble du territoire.
Pour animer ces Schémas Départementaux des Services aux Familles ont été mis en place des Comités Départementaux des Services aux Familles qui sont le lieu d’élaboration des politiques publiques en matière de Services aux Familles en intégrant l’ensemble des parties prenantes à l’élaboration et la gestion de ces services. La mission de ces Comités Départementaux est à la fois d’être une instance de réflexion, de conseil, de propositions et d’analyse du suivi de la mise en œuvre.
En région Nouvelle-Aquitaine, une étude a été menée auprès des Udaf concernant les Schémas Départementaux des Services aux Familles.
Il sera intéressant d’attirer l’attention du Préfet de Région à la fois sur les différences de gouvernances, la nécessité de mieux associer les Udaf, les associations adhérentes, les parents à l’élaboration des politiques mises en place pour eux.
Monsieur Jean-Louis HAURIE, Président de l’Udaf de Gironde et Conseiller CESER, Région Nouvelle-Aquitaine
Madame Danielle FILLION, Présidente de l’Udaf des Pyrénées-Atlantiques, Secrétaire de l’Uraf Nouvelle-Aquitaine, note que le 06 novembre 2024 a été signé un nouveau Schéma Départemental des Services aux Familles. Elle constate que les réflexions faites, à la fois lors de la dernière réunion du schéma et dans d’autres instances, ont été largement reprises, en particulier le fait que le Schéma départemental aux Familles ne concerne pas seulement la petite enfance, mais aussi lorsque les enfants grandissent, un large volet a été consacré aux enfants plus grands, aux jeunes, aux grands jeunes et aux familles en vulnérabilité particulière. Il a été demandé par le département des Pyrénées-Atlantiques que le dispositif mis en place par la Convention Pluriannuelle d’Objectifs (CPO) de l’Udaf des Pyrénées Atlantiques soit intégré au dispositif jeune du département. Il y a donc des avancées qui sont très positives, même si l’Udaf des Pyrénées-Atlantiques n’est pas signataire du Schéma Départemental des Services aux Familles.
Deux exemples dans le département des Pyrénées-Atlantiques sur le sujet de l’articulation vie familiale / vie professionnelle :
- une crèche réserve des places dans le cadre de l’insertion professionnelle,
- un accueil hybride entre accueil individuel et MAM pilotée par une crèche familiale qui gère l’encadrement administratif afin que les assistantes maternelles puissent se consacrer à leur cœur de métier.
La petite enfance a toujours été un lieu d’innovation. Plus on y implique les parents, plus on aboutit à des solutions intéressantes, adaptées, innovantes.
Monsieur Jean-Louis HAURIE, Président de l’Udaf de Gironde et Conseiller CESER, Région Nouvelle-Aquitaine.
Échanges Articulation vie familiale et vie professionnelle
Pour cette table ronde, des partenaires sociaux sont intervenus :
Madame Martine VIGNAU, Vice-Présidente du Conseil Economique, Social et Environnemental (CESE), Secrétaire de l’Union Nationale des Syndicats Autonomes (UNSA) en charge des questions sociales, familiales et de la perte d’autonomie, indique que l’articulation vie familiale/vie professionnelle est au cœur des préoccupations de tous les salariés, mais aussi des entreprises. Afin d’avoir une approche globale, l’Unsa a souscrit aux travaux concernant le service public de la petite enfance. En effet, il convient de s’interroger sur ce sujet fondamental pour les salariés.
Il faut pouvoir laisser aux parents l’opportunité de choisir son mode d’accueil, éventuellement de prendre un congé parental ou de faire aux solutions d’accueil individuels (assistantes maternelles) ou d’accueil collectif de qualité
Madame Martine VIGNAU, Vice-Présidente du Conseil Economique, Social et Environnemental (CESE), Secrétaire de l’Union Nationale des Syndicats Autonomes (UNSA) en charge des questions sociales, familiales et de la perte d’autonomie.
Il est constaté un manque de maillage territorial, il est donc important de travailler sur cette question pour accueillir tous les enfants de 0 à 3 ans, y compris les enfants en situation de handicap, en effet, la société inclusive démarre dès cet âge.
Il y a nécessité de revaloriser les métiers avec le comité de filière qui lève un certain nombre d’obstacles, mais il faut continuer, notamment sur les normes des personnels.
Il est noté un vieillissement des assistantes maternelles, beaucoup partiront à la retraite à l’horizon 2030. Il faut rendre ce modèle attractif, a été introduit la solution des Maisons d’Assistants Maternels (MAM), mais il faut aussi que le choix des parents ne soit pas dépendant du niveau de financement, le complément mode de garde se doit d’être rapidement mis en place (prévu pour fin 2025).
L’Unsa préconise que le congé naissance soit un droit ouvert de 12 mois à partager entre les deux parents et indemnisé à hauteur de 70 % de la rémunération et pouvoir garantir une place d’accueil au terme de ces 12 mois afin que ce système soit plus encourageant.
50 % des enfants de 0 à 3 ans sont gardés dans les familles, il faut faire en sorte que la sociabilisation de ces enfants soit favorisée en développant des lieux d’accueil en parentalité.
Ce qui prédomine à l’Unsa est de faire des propositions pour que les qualités vie professionnelle/vie familiale soient favorisées pour les hommes et les femmes.
Monsieur Laurent MARGUERITAT, Secrétaire Général Unité Départementale Confédération Générale du Travail (CGT) de la Creuse, expose les propositions concernant la politique d’aide aux familles :
- la réintégration de la branche famille à la Sécurité Sociale afin de ne pas accentuer les inégalités des territoires et en continuant à travailler sur l’égalité femme/homme,
- la compensation du coût direct de l’enfant, en particulier via les politiques de logement,
- l’aide à concilier vie professionnelle/vie familiale avec la réduction du temps de travail,
- le soutien aux familles de façon à leur proposer des modes de garde en s’appuyant sur le service public de la petite enfance.
Monsieur Jean-Marc THOMAS, Conseiller CESER, Confédération Française Démocratique du Travail (CFDT), s’exprime sur le service public de la petite enfance en notant que pour la CFDT ce doit être deux choses : à fois un outil au service des famille, mais aussi un outil d’attractivité pour les territoires, pour les salariés et pour les entreprises.
Les trois points se dégagent sur les problématiques relatives à l’emploi :
- le logement,
- la mobilité,
- la garde d’enfant.
La mesure phare de la CFDT est le compte personnel d’activité, c’est à dire, la volonté pour la CFDT de pouvoir construire et sécuriser des parcours de vie et professionnels en ayant dans un pot commun tous les comptes sur lesquels on peut épargner du temps (compte professionnel, compte de formation, compte épargne temps…) pour répondre à la nécessité dans certains temps de vie d’avoir soit une réduction d’activité, soit une mise en retrait de ce temps d’activité
Monsieur Jean-Marc THOMAS, Conseiller CESER, Confédération Française Démocratique du Travail (CFDT).
Madame Christel DE OLIVEIRA, Conseillère CESER, Confédération des Petites et Moyennes Entreprises (CGPME), Mutuelle d’assurance des commerçants et industriels de France (MACIF), parle de conciliation vie familiale / vie professionnelle, puisque c’est un équilibre dans les entreprises entre les exigences de travail et les responsabilités familiales. Il faut pouvoir concilier les horaires de travail avec les besoins de la famille, bénéficier de flexibilité dans l’organisation du travail (mesure la plus plébiscitée par les parents), malheureusement, il y a des métiers qui ne s’y prêtent pas, on ne peut pas dire que le télétravail est une solution, c’est plutôt une variable d’ajustement, ce n’est pas une fin en soi. La mise à disposition de services et d’aménagements pour faciliter la vie quotidienne est moins plébiscitée, mais appréciée des collaborateurs qui peuvent en bénéficier. Dans les très petites entreprises (TPE), les chefs d’entreprises essayent de s’adapter au mieux – surtout les nouveaux dirigeants. Le rôle de la CGPME est d’acculturer les chefs d’entreprises à ces nouvelles exigences, à ces besoins puisqu’un collaborateur qui ne concilie pas vie professionnelle / vie familiale est en stress, le vit mal, ce qui peut être source de malentendu, de fatigue, de blessure… La CGPME a aussi le souci de retenir les talents en essayant de trouver des solutions avec eux pour pouvoir répondre à leurs insatisfactions et leur bien être via l’outil de démarche de Responsabilité Sociétale des Entreprises (RSE), notamment la Qualité de Vie et des Conditions de Travail (QVCT).
Quand on met en place des dispositifs (RSE et QVCT) au sein de l’entreprise, ça impacte sur la vie familiale et il y a de bons retours des collaborateurs
Madame Christel DE OLIVEIRA, Conseillère CESER, Confédération des Petites et Moyennes Entreprises (CGPME), Mutuelle d’assurance des commerçants et industriels de France (MACIF).
Monsieur Jean-Louis HAURIE, Président de l’Udaf de Gironde et Conseiller CESER, Région Nouvelle-Aquitaine, retient des échanges de la journée que l’intérêt est de travailler ensemble avec toutes les parties prenantes de la société civile pour élaborer une politique commune et partagées.
La séance d’aujourd’hui permet de montrer que nous avons des intérêts convergents, d’autant plus que l’on ne peut pas dire que d’un côté il y aurait la responsabilité des pouvoirs publics qui créerait des services aux familles et de l’autre des salariés qui se trouveraient face à leurs employeurs pour aménager les temps de travail et les connexions nécessaires à l’articulation vie familiale / vie professionnelle !
Monsieur Jean-Louis HAURIE, Président de l’Udaf de Gironde et Conseiller CESER, Région Nouvelle-Aquitaine.
Que ce soit l’alimentation ou la conciliation vie professionnelle / vie familiale, on retrouve des dimensions multiples : la connaissance (producteurs, réseaux de distributions, comportement des consommateurs – besoin des entreprises, besoin des familles) pour comprendre comment cela s’organise sur un territoire, la formation pour permettre la transformation et le travail collectif
Tout à un prix, mais tout n’a pas la même valeur. De temps en temps il faut savoir mettre le prix, justement puisque l’on a des valeurs qui sont essentielles ; et de temps en temps il faut savoir lâcher le prix parce que cela est peut-être moins important.
Monsieur François-Xavier LEURET, Président de l’Uraf Nouvelle-Aquitaine.
L’Association Familiale et toute l’organisation de la chaine Uraf-Unaf-Udaf va toujours dans le même sens pour créer ces espaces de dialogue entre des êtres et des familles à comportements très différents pour construire cet avenir commun que nous espérons ensemble.
Monsieur François-Xavier LEURET, Président de l’Uraf Nouvelle-Aquitaine.


















Pour aller plus loin
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Dépendance Santé vieillesseService Médiation entre Aidants et Aidés
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Prestations et droits des famillesMédaille de l’enfance et des familles
